La fin du Minitel programmée pour l'automne 2011
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24 Mars 2011
La fin du Minitel est sans doute programmée pour l'automne 2011. La désaffection du service n'est pas seule en cause, France Telecom peine à maintenir le réseau, faute de compétences. Encore un peu hésitant, l'opérateur craint toutefois la réaction des derniers inconditionnels du Minitel.
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Le Minitel 1, le modèle le plus répandu
Le Minitel vit probablement ses derniers mois. Il y a encore deux ans, France Telecom se targuait d'engranger un chiffre d'affaires annuel de 300 millions d'euros, avec ce terminal lancé en 1984 mais dont la conception remonte à la fin des années 70. Ce chiffre, certes dérisoire comparé aux 12 milliards de francs annuels du début des années 90, justifiait la continuation du service Télétel, le réseau qui interconnecte les Minitel et les fournisseurs de services.
Le chiffre d’affaires du Minitel est en chute libre
Mais en ce début 2011, la donne est en train de changer. Le chiffre d'affaires est tombé à 50 millions d'euros. France Telecom aurait pu se contenter de maintenir le service jusqu'à ce qu'il meure de sa belle mort. Mais selon une source interne à l'opérateur, cette option devrait être écartée. « Le problème, c'est qu'il devient difficile de maintenir le réseau de transport de données, basé sur une très ancienne technologie baptisée X25, car on éprouve de plus en plus de difficultés à trouver des ingénieurs compétents, aussi bien en interne que chez les constructeurs d'équipements », affirme cette source.
Pénurie d'ingénieurs intéressés par le réseau du Minitel
Une autre possibilité serait de faire transiter la vieille technologie X25 sur celle d’Internet – connue sous le nom de IP, comme Internet Protocol. Il semble toutefois que la décision penche pour un arrêt définitif de Télétel à la fin de l'année 2011. La seule chose qui pourrait repousser l'échéance serait la crainte de créer un tollé chez les inconditionnels du petit terminal. Par exemple, certains utilisateurs affirment que la météo est plus fiable sur le Minitel que sur l'Internet.
Marc, un nostalgique qui conservera coûte que coûte son Minitel

Professeur de mathématiques âgé de 48 ans, Marc est un nostalgique du Minitel. Il en a toujours un chez lui, même s'il ne s'en sert plus depuis que l'annuaire électronique est devenu payant en 2008. « Bien que mon Macintosh soit toujours allumé, je trouvais plus rapide d'aller chercher sur le Minitel, un numéro de téléphone ou une adresse », explique-t-il. Jusqu'en 2001, Marc utilisait même le Minitel pour consulter son e-mail ! « Dans cette optique, j'avais pris un modèle de 80 caractères par ligne et j'avais demandé à des membres de ma famille d’en faire autant afin de pouvoir consulter mes messages de différents endroits », précise Marc.
Depuis trois ans, son Minitel est resté éteint mais lorsqu'on lui demande s'il envisage de le jeter, sa réponse est immédiate : « c'est hors de question, j'y suis sentimentalement trop attaché ! Et comme France Telecom ne veut pas récupérer ses Minitel, le mien continuera à trôner sur la table de l'entrée. »

